La Crinière Blonde, blog de réflexions équestres.
©La Crinière Blonde. Fourni par Blogger.
  • Articles
  • Dossiers
  • Qui suis-je
  • Publications
De plus en plus d'études montrent que le box et les conditions de vie qu'il implique (isolement social, immobilité, mode de nourrissage...) sont néfastes pour la santé physique et mentale du cheval. Pour autant, cela reste le mode de détention des chevaux le plus répandu. Faut-il accepter comme une fatalité le fait que le box rende les chevaux malheureux ou du moins, "moins heureux" ? N'est-il pas possible d'améliorer les conditions de vie en box ? 



Qu'on se le dise : je suis toujours 100% contre l'enfermement H24 des chevaux au box (le travail et le marcheur ne comptent pas comme de vraies sorties pour moi). Avec l'actuelle avancée de nos connaissances sur le cheval, la pension en box exclusif ne devrait plus être une option. Mais les mentalités n'ont pas fini d'évoluer et quand bien même, la mise au pré à l'année n'est pas toujours possible pour X raisons (trouver une pension pré qui offre également un bon encadrement, de bonnes installations, une bonne surveillance, une vraie gestion des terrains n'est pas si simple et chaque propriétaire a des contraintes qui lui sont propres). Puis il faut avouer que si du jour au lendemain tout le monde voulait mettre son cheval au pré, où trouverions-nous la place nécessaire ? Le pré/paddock-box reste alors un bon compromis, mais bien souvent dans ce type de formule, les surfaces herbées à disposition ne sont pas suffisantes pour garantir des sorties toute l'année sans détériorer la qualité des sols. Les écuries se voient donc obligées de fermer leurs paddocks/prés l'hiver afin d'avoir de l'herbe toute l'année. Pour toutes ces raisons, j'ai donc réfléchi à comment les cavaliers confrontés à ces problématiques pourraient faire pour améliorer le quotidien de leurs chevaux au box sans que cela ne demande un investissement énorme en temps et en argent (mais un peu quand même).

Le box est-il une prison ?
Le box : maison ou prison ? - Crédit: equi-cheval-liberte.com



Bien choisir son écurie pour un meilleur cadre de vie


Avant de parler du box en lui-même, il faudrait déjà que les cavaliers soient plus exigeants sur le choix de leur écurie, le cadre de vie ayant une grosse incidence sur le quotidien du cheval. 

  • Privilégier les écuries "ouvertes" : ces écuries ne sont constituées que d'allées de box donnant directement sur l'extérieur. Les avantages pour les chevaux ? Moins de poussière (coucou les emphysémateux, en vivant dans des huis clos de paille et foin poussiéreux, on se demande encore pourquoi les poumons des chevaux, animaux de plein air, ne vont pas mieux...), moins de sensation d'enfermement, plus de lumière et une belle vue sur l'extérieur permettant plus de distraction, pour peu que les box donnent sur les installations. Pour les cavaliers, certes le confort est un peu moindre mais l'avancée de toit permet tout de même de rester à l'abri des intempéries. 
  • À défaut, choisir des écuries aux allées spacieuses, bien éclairées et où tous les box ont une fenêtre : pire que d'être enfermé, être enfermé dans la pénombre d'un espace mal ventilé, oppressant et ne permettant pas de prendre l'air même du bout des naseaux... La fenêtre donnant sur l'extérieur, c'est juste indispensable au box ! Et au contraire, éviter les portes de box avec cols de cygne et autres grilles qui coupent encore un peu plus du monde extérieur. 
  • Choisir une écurie ayant au moins des paddocks en herbe : une écurie qui ne propose pas un seul espace de liberté et de verdure pour le cheval, ça sent déjà le roussi au niveau du bien-être des équidés et de la connaissance de leurs besoins... Et le jour où vous aurez du temps pour lâcher Pompom, vous serez bien embêtés ! 
  • Ne pas bannir les écuries animées : animées et non agitées. On pense souvent qu'il vaut mieux choisir une écurie très calme où le cheval pourra se reposer. Mais le repos toute la journée, c'est bon pour les marmottes ! Un peu d'animation, de passage, de bruit, ça divertit les chevaux. 
  • Choisir une écurie aux box suffisamment spacieux : une évidence, mais il vaut mieux le dire trop que pas assez. Le cheval doit pouvoir se rouler sans heurter un mur et pouvoir se déplacer autrement qu'en demi-tours autour des hanches. Veillez également à la hauteur de plafond.
Les allées de box ou les écuries ouvertes, une bonne solution pour que le box ne devienne pas une prison.
Des box donnant sur l'extérieur : un premier pas vers le mieux-être des chevaux.
Crédit : poney-academy.com




Faire du box un lieu de confort grâce à des petits riens du quotidien


Maintenant que votre cheval est installé dans un box spacieux au milieu d'une écurie agréable, verte et vivante, c'est à vous de mettre la main à la pâte pour que le box reste un lieu de confort et de repos agréable à retrouver.

  • S'assurer que le box est toujours propre et bien paillé : une litière épaisse et bien sèche, c'est la possibilité pour votre cheval de se rouler avec délice ou de faire une sieste étendu de tout son long. N'oubliez pas de faire un bateau (bordures du box plus épaisses) pour que le cheval ne se coince pas ! Un box propre, c'est également un bon moyen pour garder des sabots en bon état (le mélange d'excréments [particulièrement de l'urine] peut à la longue attaquer la corne). 
  • Donner du foin à volonté ou en filet (slow feeding) : le foin est la base de l'alimentation du cheval, qui a besoin de manger toute la journée (rapport à son estomac qui se remplit de bile sinon etc). Le fourrage doit donc être continuellement à disposition ou bien être distribué en autant de fois que possible. Il peut également être distribué en filet pour augmenter le temps que passera le cheval à le manger. Cela permet de maintenir le cheval occupé, de réduire son stress (eh oui !) et d'assurer la bonne santé de son appareil digestif. 
  • Demander à distribuer la nourriture au sol : boycottez les mangeoires ! Éparpiller le grain dans la paille du box est tellement plus intéressant pour les chevaux : cela les occupe un moment puisqu'ils doivent fouiller leur litière pour trouver à manger, cela oblige les gloutons à manger plus lentement (meilleure digestion) et cela respecte la position naturelle des chevaux pour se nourrir. A savoir que manger tête en bas limite le risque de bouchons œsophagiens et de coliques, favorise l'élimination des poussières inhalées en se nourrissant et permet une meilleure usure des dents. 
  • Agrémenter le box : un ballon accroché près de la porte ou laissé au sol pour jouer, des brosses fixées au mur pour venir s'y frotter, une pierre à sel ou un collier de pommes suspendu au plafond qu'il faut essayer d'attraper, des objets inconnus laissés chaque jour dans le box des plus curieux, de la musique ou des odeurs différentes (la stimulation olfactive, on y pense jamais !) diffusées quotidiennement... suivant les goûts de votre cheval et votre imagination, il faut trouver ce qui l'amusera ou le détendra durant son temps libre !
Améliorer le box et enrichir l'environnement du cheval.

Les brosses accrochées au mur: massages et entretien de la robe assurés !
Crédit: ©C. Neveux pour haras-nationaux.fr

  • S'échauffer en extérieur et faire brouter pour sécher après la séance : il s'agit tout simplement de faire passer un maximum de temps en extérieur à son cheval pour lui aérer la tête et lui faire apprécier le retour au chaud dans son box ! Ces deux techniques ne vous demandent pas de temps en plus puisqu'elles sont intégrées au déroulement de votre séance normale et pourtant, elles apportent un vrai plus au cheval qui voit autre chose que la paille de son box et le sable du manège.
  • Le lâcher dans le manège en guise d'échauffement ou de récupération : le lâcher et l'inciter à jouer, se dépenser, jeter son feu ou au contraire en profiter pour travailler les ordres vocaux et améliorer votre complicité, quel meilleur moyen pour démarrer ou finir une séance en beauté tout en lui offrant un peu de liberté ?
  • Demander à vos connaissances de préparer leurs chevaux devant le box du vôtre : un peu de compagnie le temps d'un pansage ! Votre équidé au box pourra faire des mamours à son pote qui se prépare à aller bosser (ou bien l'embêter alors que celui-ci ne peux pas s'enfuir, niark niark) et faire le plein d'interactions sociales ! Solution à mettre en place uniquement avec des chevaux qui se connaissent et s'apprécient !
  • Monter avec d'autres cavaliers : partir en balade à deux, travailler à plusieurs dans le manège... Cela permet au cheval de voir du monde et de côtoyer indirectement des congénères. Le cheval étant capable de faire la différence entre des chevaux inconnus, des chevaux qu'il connait de vue et des chevaux qu'il apprécie, c'est l'occasion pour lui, mine de rien, d'enrichir son répertoire de connaissances.
  • Afficher une pancarte sur le box "je ne suis pas glouton mais gourmand de câlins" : à faire uniquement si votre cheval est particulièrement sociable et votre écurie fiable ! Cette pancarte incitera les autres cavaliers à s'arrêter faire une grattouille à votre cheval lorsqu'il a la tête dehors. De quoi vite devenir la star de l'écurie et ne jamais manquer de compagnie !



Améliorer la vie au box : niveau expert (ou plutôt utopique)

Pour ceux qui sont prêts à s'investir encore un peu plus, qui ont la chance d'avoir des installations intéressantes ou qui sont partant pour de nouvelles expériences, on peut rajouter :
  • Choisir une écurie avec des box séparés par des grilles : le manque d'interactions sociales serait déjà réduit si les voisins de box pouvaient se voir et communiquer entre eux ! Dans certaines écuries, les box sont séparés les uns des autres par de simples grilles (à partir de la mi-hauteur) : cela permet aux chevaux de se voir et se renifler. Les plus aventureux peuvent même tester la solution "pas de séparation du tout" ! Chaque cheval peut carrément passer la tête dans le box du voisin et faire des grattouilles. Cela ravit les chevaux les plus affectueux mais choisir les bons voisins devient alors primordial !
  • S'arranger avec les autres propriétaires pour se mettre mutuellement les chevaux au paddock : mettez vos bonnes relations à profit ! Quand vous venez monter, vous mettez le cheval de Marie au paddock, qui vous rendra ensuite la pareille. Cela vous prend 10 minute de plus à votre arrivée, 10 min à votre départ, mais vous faites gagner à votre cheval au moins une heure de liberté en plus une ou plusieurs fois par semaine ! 
  • Quand vous lâchez votre cheval, le lâcher avec un copain : même principe, demandez au proprio du copain de votre cheval si cela serait imaginable de lâcher les deux ensemble dans le manège, sous surveillance bien sûr et en y allant par étapes. Vous faites alors d'une pierre deux coups: liberté + interactions sociales ! Si cela se passe bien, l'expérience peut être renouvelée régulièrement ou refaite au paddock. 
  • Trouver une écurie avec des box donnant sur un paddock individuel. Une perle rare. Mais ça vaut le coup de regarder s'il n'y en a pas dans votre coin. 
Le paddock individuel, un bon moyen pour que votre cheval prenne l'air (mais qui ne doit pas remplacer de vraies sorties !).
Des box avec paddocks individuels en sable - Crédit : equimov.fr

  • Demander à ce que votre cheval aille au moins 2 heures au paddock CHAQUE JOUR : Oui, cela coûte de l'argent, mais deux heures ce n'est pas non plus une folie (un concours ou un nouveau tapis en moins ce mois-ci ?) et pour une écurie, c'est gérable. Avec seulement deux grands paddocks, une écurie pourrait tout à fait faire un roulement avec deux chevaux par paddock deux heures par jour, et tout le monde profiterait du grand air ! Mais oui, cela demande du temps et de l'organisation et tous ne sont pas prêts à le faire... 



Le dernier mot Jean-Pierre...


Rien ne remplacera jamais une vraie sortie ou une vie au grand air avec des congénères. Il faut tendre au maximum à se rapprocher de ce but et viser les trois points qui le constituent : de la liberté, du mouvement, des interactions sociales. Pour un cheval qui vit au box, cela se traduit par le choix d'un box spacieux, clair et confortable dans une écurie aérée et vivante, avec un mode de nourrissage aussi naturel que possible, et un environnement enrichi en introduisant chaque jour ou presque des nouveautés dans son box et en lui proposant des sorties aussi nombreuses que possible et surtout de qualité (c'est-à-dire, riches en stimulations et interactions sociales).

En dehors des stratagèmes que nous pouvons mettre en place pour améliorer la vie en box, il y a encore un vrai travail à faire pour améliorer les écuries : à quand tous les box ouverts sur ceux de leurs voisins ? Les chevaux détenus en stabulation (on le fait bien pour les poneys) ? L'obligation d'avoir au moins un paddock en herbe pour toutes les écuries ? La fermeture des écuries étroites et sombres ? Des lois sur la détention des chevaux fixant des conditions de vie ou des normes à respecter ?....










Pour aller plus loin

  • Pourquoi scientifiques et professionnels de santé bannissent-ils le box ?
  • L'enrichissement du milieu de vie, protocole d'étude et résultats par les Haras Nationaux
  • Lien entre alimentation et bien-être par les Haras Nationaux


À lire aussi sur le blog

  • Vie au pré ou vie au box ? Quel mode de vie pour son cheval ?

Comme vous le savez car j'en ai déjà parlé sur ce blog, j'ai eu l'occasion de travailler durant 4 mois en lien avec le milieu des courses hippiques. 4 mois, c'est court, mais cela a été suffisant pour me faire changer de regard sur le turf et me donner envie de défendre et mieux connaitre ce monde si particulier. Et quoi de mieux pour continuer à découvrir les courses autrement, qu'un livre autobiographique écrit par un jockey ? 



Un mot sur l'auteur


Quand on me dit Laurent Gérard, je pense avant tout à l’humoriste (avec quelques lettres en moins). Et pour cause : jockey de plat et d'obstacle avec une belle et riche carrière de 24 années, Laurent Gérard n'a pourtant jamais été un de ces jockeys sous les feux des projecteurs. Contrairement à un Christophe Soumillon ou à un Jean-Michel Bazire, il a principalement exercé son métier sur les hippodromes de province, là où il s'est fait remarqué par de nombreux spécialistes et entraîneurs de renom. Car même si le grand public ne le connait pas, Laurent Gérard est un passionné et un travailleur acharné qui a réussi à faire ses preuves dans le milieu malgré un départ difficile : mauvaise orientation scolaire, physique inadapté, manque de capacités, début de carrière tardif... Toutes ces difficultés ont été surmontées grâce à sa détermination et son amour profond pour les chevaux et les courses. C'est ce qui l'a amené à vouloir publier un livre dévoilant les coulisses d'une vie passée près des galopeurs : partager sa passion pour le turf et faire connaitre ce milieu qui l'a tant fait rêver. Que personne ne mise sur lui en tant qu'écrivain ne l'a pas effrayé après un tel parcours : suite à une campagne de financement participatif sur le site Kisskissbankbank, l'ancien jockey devenu observateur de courses pour France Galop a pu auto-éditer "De l'avoine plein les veines", son récit biographique dévoilant toutes les facettes du métier de jockey.

De l'avoine plein les veines par le jockey Laurent Gérard
"De l'avoine plein les veines", livre auto-édité de Laurent Gérard.



Pourquoi ce livre


Ce livre est très intéressant car en retraçant son propre parcours, l'auteur nous donne une vision à 360 du monde des courses ; de la formation à l'école aux différents types de courses, en passant par les méthodes d'entrainement et le système des paris. Tout cela de façon un peu "romancée" puisque l'on se balade de souvenirs en anecdotes et d'anecdotes en réflexions, toutes accompagnées d'un titre de musique (les mélomanes pourront apprécier les goût musicaux d'un professionnel des courses), ce qui est tout de même plus sympa à lire qu'un article présentant de façon froide et hiérarchique le fonctionnement des courses hippiques. Mais plus encore, ce qui fait la force et l'originalité de ce livre, c'est qu'il est écrit du point de vue de Monsieur Tout le Monde. D'habitude, les biographies sont celles de champions qui véhiculent déjà une certaine image auprès du public et qui donnent une vision faussée de leur milieu puisqu'ils sont loin d'avoir le quotidien d'un cavalier ou jockey lambda. Laurent Gérard, lui, est un homme simple entré dans le monde des courses par la petite porte et qui a trimé pour trouver un bon patron, puis pour gagner le droit de monter les pur-sang à l'entrainement et enfin de les monter en course. On suit le quotidien et la progression d'un lad-jockey sans fard ni paillettes car ce n'est ni un privilégié, ni une star. Son parcours n'a rien d'extraordinaire, au contraire, il retrace ce que vivent la plupart d'entre-eux.

Laurent Gérard jockey de courses de plat et d'obstacles.
Laurent Gérard en pleine course
Crédit: page Kisskissbankbank

On a donc vraiment accès à la réalité du terrain, d'autant que l'auteur nous raconte son histoire sans langue de bois ! Il ne cherche pas à embellir le milieu hippique car il est passionné, non : il le dépeint tel qu'il est, sans jugement mais sans cacher les côtés peu reluisants (les jockeys qui s'affament, qui abusent du sauna pour maigrir, qui ont recours à des pilules pour rester au poids) et sans exagérer les bons moments et tomber dans le sentimentalisme (les soins minutieux apportés aux chevaux, ceux qui ont marqué sa vie, les moments de partage avec l'équipe quand il y a une victoire...). Si au début le style faisait parfois "ampoulé", très vite cela laisse place à une écriture franche, honnête et à une simplicité dans la description de son parcours et de ces instants du quotidiens qui respire la véracité et qui donne l'impression d'y être. On est dans les écuries ou en selle avec Laurent Gérard et les petits secrets des courses hippiques sont désormais à portée d'oreille : les tricheries à la pesée, la manière de contenir un cheval un peu trop fougueux en tirant sur le collier qu'il porte autour de l'encolure afin de couper l'arrivée d'air dans ses poumons, le salaire d'un jockey, la mauvaise gestion de l'Association des Jockeys... En bref, on sort de ce livre en ayant l'impression d'avoir été un peu jockey nous-mêmes.



Le dernier mot Jean-Pierre...


Si vous avez envie de découvrir ou de redécouvrir de façon honnête les courses hippiques, ce livre est fait pour vous. Pour une fois, c'est un acteur du milieu qui parle directement de son expérience comme il le souhaite, sans censure et sans passer par un intermédiaire (interview, reportage avec un angle de vue précis...). Unique en son genre, "De l'avoine plein les veines" et en plus facile à lire grâce à son découpage en chapitres de 3 à 5 pages qui permet d'en lire un peu par-ci par-là. Les courses hippiques semblent si souvent constituer un univers hermétique aux néophytes : voici enfin l'occasion rêvé d'y faire son entré sans détours.













Pour aller plus loin

  • La page Kisskissbankbank de Laurent Gérard
  • L'interview réalisée par Equidia à l'occasion de la sortie du livre


A lire aussi sur le blog

  • Et si on changeait de regard sur les courses hippiques ?

Je déclare les publications de 2016 ouvertes ! Une nouvelle année commence, tout le monde partage ses bonnes résolutions et les cavaliers semblent résolument tournés vers l'avenir avec ce qu'ils feront et ne feront pas cette saison... Mais comme sur ce blog, on aime bien prendre les choses à contre-pied, je vous propose plutôt un petit retour vers le passé tout en joie et bonne humeur pour bien commencer cette année qui, j'espère, sera excellente pour vous tous et toutes !



Il était une fois à une époque fort lointaine (enfin une vingtaine d'années quoi), une Petite Crinière Blonde en Brosse (c'était plutôt un carré enfaite... avec des couettes) déjà contaminée par un virus appelé "la passion de l'équitation". Après moult chevauchées estivales sur des fidèles destriers aussi impétueux qu'un troupeau de palourdes et durant lesquelles le virus a fini de couver tranquillement, la fièvre s'est finalement déclarée à l'âge de 8 ans : il fallait impérativement inscrire La Crinière dans un centre équestre ! Eh oui, comme de nombreux cavaliers je suis tombée dedans étant petite et avoir commencé aussi jeune m'a permis de vivre des choses extraordinaires qui doivent tellement manquer à ceux qui ont commencé à l'adolescence, ou pire, à l'âge adulte... Comment est-ce possible d'avoir une expérience équestre complète si tu n'as pas jamais fait un épervier à cru sur un shetland ?! Moi qui ait longtemps pensé que tous les cavaliers sans exception avaient grimpé les échelons shetland - poney - cheval (la promotion !). C'est d'ailleurs à ce genre d'anecdote qu'on reconnait les cavaliers précoces car on sait que tu as commencé l'équitation jeune quand :

  • Tu n'as jamais rêvé du prince charmant mais toujours du cheval blanc. Les garçons avaient le charme d'une crotte de nez, tu t'en foutais de savoir si Marie allait vraiment faire un bisou à Kévin à la récré, toi, t'avais poney le soir. Bon par contre des années plus tard, avec les hormones, t'as révisé ton jugement sur les crottes de nez tout ça... 
  • Tu t'es dit pendant longtemps que tu ne passerais JAMAIS à cheval, ces grands machins terribles, si grands, si forts et réservés aux adultes et aux pros. Et puis un jour, tu t'es mise à trépigner pour absolument monter dessus (là par contre j'ai un doute sur le rôle des hormones...?). 
  • Tu as piqué les Action Man de tes frères/cousins/copains, pas pour les marier à tes Barbies non, mais pour les faire monter sur tes chevaux en plastique car eux avaient les bras et les jambes articulés qui permettent de prendre la bonne position à cheval ! Va faire un parcours de CSO jambes tendues comme Barbie toi...
Jouets chevaux.
Avouez, on a toutes eu CE modèle de cheval - Crédit: Google Images

  • Tu as essayé de faire croire à tes parents qu'avoir son propre tapis est indispensable pour monter à poney, que tu ne pouvais pas continuer l'équitation sans et que même la monitrice l'avait recommandé. "Mais siiiiiiieuh regarde toutes mes copines en ont un !" 
  • Tu as monté un shetland appelé Pompom, Chouchou ou Bouboule (ou un nom du genre, t'as pigé le truc). 
  • Tu as trouvé un jour la corvée de ramassage de crottins drôlement excitante car enfin, on te donnait des responsabilités ! 
  • Grâce à toi, tes parents ont fait leur baptême des doigts-dans-la-bouche-du-poney-là-où-il-y-a-pas-les-dents pour mettre le mors, parce que tu trouvais ça "trop dégoûtant" ou tu avais peur de perdre une phalange dans ta tentative. Et puis "Papa il a de plus gros doigts, ce sera plus facile". 
  • Tu as connu les chevaux de clubs montés sans amortisseurs et à l'inverse les poneys montés avec des amortisseurs qui ressemblaient à des morceaux de mousse géants, façon mini matelas couleur éponge. 
  • Quand on te demande "où sont les poneys ?", tu as une envie irrépressible de répondre en chantant "dans la fôoooret" ! 
  • Tu as été abonnée à des magazines comme "Fripon" et tu as déjà lu un Sheltie ou un Club du Grand Galop.
Tous les jeunes cavaliers ont un jour lu un magazine comme Fripon.
D'après le parquet, c'est la même personne qui a la Barbie et le magazine, hum hum.
Crédit: leboncoin.fr

  • Tu as créé un skyblog pour présenter ton écurie où tu recopiais la fiche SIF des chevaux et poneys du club (compétition club : oui, compétition amateur : non). Et gare à ceux qui voulaient copier ou piquer tes photos, tu défendais ta créations et tes montages à coup de brush gratuits bien kitsch corps et âme !
  • Avoir un poney figure au moins pour la 16ème fois sur ta liste de cadeaux de Noël. Oui, tu continues encore à le mettre, sait-on jamais, sur un malentendu et puis après tout ce temps, tes proches semblent ne toujours pas savoir lire...
  • Un jour, tu as fini par demander à passer à "double-poney" car faut pas déconner, tu es une grande fille maintenant.



Si toi aussi tu t'es reconnue dans une des anecdotes de cette liste, tape dans tes mains et fais un tour sur toi-même dans ta chaise de bureau ! Non pour de vrai, viens le dire en commentaire et avant de prendre pour de bon une année de plus, partage aussi avec nous tes souvenirs de jeunesse équestre !







La fin d'année, c'est toujours le moment idéal pour faire le bilan. Et mon bilan personnel le voici : depuis que j'ai changé ma façon de voir l'équitation et le cheval et que je dis haut et fort que je veux que ma future monture vive au pré et qu'elle soit pieds nus, on me regarde comme une illuminée. Comme si c'était une simple lubie, une nouvelle mode un peu étrange. J'ai donc fait également un bilan des cavaliers qui m'entourent et j'ai l'impression que beaucoup ont oublié ce qu'est un cheval et quels sont ses besoins fondamentaux...



Le cheval est un herbivore


Dans la nature, le cheval se nourrit d'herbe et de d'autres végétaux qui lui apportent des vitamines et minéraux. Son estomac est donc conçu pour digérer des fibres et ce, tout au long de la journée. En effet, contrairement aux vaches (herbivores également) qui possèdent plusieurs estomacs, le cheval n'en possède qu'un. Et celui-ci est particulièrement petit pour sa taille : il ne peut donc faire que des petits repas qu'il doit multiplier pour couvrir tous ses besoins. En vérité, le cheval passe entre 13 et 15 heures par jour (plus l'hiver ou pour les juments gestantes) à brouter. Ce temps consacré à l'alimentation s'explique également par le fait que le cheval ne possède pas de vésicule biliaire : il sécrète de la bile acide (qui sert à désintégrer les aliments pour les digérer) en permanence ! Si son estomac est vide, il ressent donc des brûlures qui peuvent à la longue endommager son système digestif.

Le cheval est un herbivore et ne doit pas rester l'estomac vide.
Et puis le nez dans l'herbe, ça travaille l'extension d'encolure non ?

Cela étant posé, on voit que le mode d'alimentation en box, s'il n'est pas bien pensé, peut vite poser problème. Les écuries ne proposant pas de foin à volonté sont à éviter : le foin, qui remplace l'herbe, doit être la base de l'alimentation du cheval ! De plus, nous avons vu que le cheval doit manger en permanence pour occuper son estomac et satisfaire ses besoins énergétiques : la paille n'est pas suffisamment nourrissante pour remplir ce rôle et peut être à l'origine de bouchons dans l'appareil digestif lorsqu'elle est consommée en trop grande quantité. Notons également qu'il n'est pas naturel non plus pour les chevaux de consommer des aliments aussi riche que ceux que nous leurs proposons avec nos granulés. Néanmoins, le cheval domestique produit plus d'efforts physiques que le cheval sauvage. Il semble donc normal que sa nourriture soit modifiée dans une certaine mesure et réponde à ces nouveaux besoins. Il convient donc de rester vigilant quant à la composition des aliments que nous leur donnons pour qu'ils répondent strictement à leurs besoins et ne pas leur en distribuer en trop grande quantité. Enfin, il faut noter que les dents des équidés ont une croissance continue et doivent être usées grâce aux mouvements latéraux de la mandibule lorsque le cheval mastique. Les granulés ou les céréales aplaties sont des aliments plus faciles et plus rapides à mâcher que les fourrages. Le risque de surdent et de mauvaise usure des dents est donc plus élevé avec l'alimentation industrielle.



Le cheval est un animal grégaire


Plus les études éthologiques avancent, plus on s'aperçoit que le système social du cheval est complexe et élaboré. Les troupeaux de chevaux sont comme des "groupes familiaux" : un étalon vit avec 3 ou 4 juments et leurs progénitures, ou bien de jeunes célibataires et de vieux étalons ayant perdus leur troupeau se regroupent entre eux. Un cheval ne vit JAMAIS seul. Conformément à l'image populaire, l'étalon dominant est bien en charge de la sécurité du troupeau et de sa cohésion (il éloigne les autres mâles menaçants, garde groupées ses juments, se reproduit...). Il y a bien également une hiérarchie dans le troupeau où les plus âgés sont souvent les plus respectés. MAIS chaque membre du troupeau peut être la fois le dominant et le soumis d'un autre et chaque membre peut prendre à un moment donné le leadership : c'est-à-dire que même si ce n'est pas un dominant, il peut être à l'origine d'une action comme décider d'emmener tout le troupeau à un point d'eau, prendre l'initiative de jouer, de se toiletter... Les interactions entre chevaux sont donc très riches, souvent pacifiques (il est rare d'assister à de vrais combats) et surtout essentielles à l'équilibre du cheval ! Les chevaux apprennent et s'éduquent au contact les uns des autres, ils ont besoin d'être plusieurs pour se rassurer (un cheval monte toujours la garde pendant que les autres broutent ou dorment paisiblement) et les séances de toilettages mutuels permettent de se détendre, celles de jeux de s'amuser... Les chevaux sont véritablement des êtres sociaux et développent d'ailleurs de vraies amitiés ! Ils sont capable de faire la différence entre un cheval inconnu, un qu'ils connaissent de vue et un qui leur est proche.

Le cheval est un être sociable, a besoin de vivre avec ses congénères. Un cheval a un instinct grégaire très fort.
Peut importe l'espace disponible, un cheval seul pourrait être malheureux !
Crédit : Facebook La Sellerie Ethologique

Quand on comprend l'importance de la relation aux autres pour les chevaux, la complexité de leurs rapports qui ne sont ni tout blancs ni tout noirs, on comprend alors qu'il est faux de vouloir s'imposer à tout prix comme le maître du cheval et de le faire vivre au box. Le cheval est toujours dans l'échange et peut également nous proposer des choses si on lui en laisse la chance. Il faut pour cela devenir un bon leader, juste et rassurant, qui lui apporte de la sécurité et de l'amitié et lui laisse l'opportunité parfois de prendre "la parole". Mais la vie au box risque de casser toute volonté du cheval : isolé, sans contacts physiques directs avec ses congénères, sans possibilité d'avoir des rapports sociaux normaux (les fameuses séances de toilettage ou de jeu), le cheval est amputé d'une partie de lui-même et peut développer des pathologies tels que le stress, l'anxiété, la dépression, un comportement agressif ou inapproprié envers l'humain (trop collant par report d'affection) etc etc. Le cheval est une proie et compte donc sur le groupe pour assurer sa survie : cet instinct n'est jamais mort, tout comme son réflexe premier de fuir devant tout ce qui l'effraie et qui lui fait préférer les grands espaces dégagés... aux quatre murs du box de 5 mètres sur 4. Des sorties quotidiennes en groupe ne sont donc pas optionnelles mais obligatoires !



Le cheval est un grand marcheur


Lorsqu'il vit en pleine nature, le cheval marche entre 5 et 20 km par jour de manière fractionnée (autrement dit : bien deux bonnes heures minimum), au pas, simplement pour aller jusqu'à un point d'eau, trouver une nouvelle zone où brouter, faire sa vie quoi. Il produit donc un effort très lent, modéré, mais continu. Ses pieds sont naturellement entretenus par ces aller-retour sur différents terrains et le sang circule bien dans ses membres si fragiles (avez-vous déjà comparé la petitesse des pieds et la finesse des jambes d'un cheval à sa stature globale ?) grâce à cette marche constante. Le cheval dort entre 5 et 7 heures réparties tout au long de la journée et la nuit : il reste donc très peu de temps immobilisé et jamais de longues heures d'affilées. Enfin, rappelons que comme pour nous, marcher aide à la digestion. Et quel protocole est à appliquer pour un cheval en colique, cette pathologie si dévastatrice ? Le faire marcher... Ce qu'il pourrait faire au pré.

Temps passé à manger chez le cheval. Temps passé à marcher chez le cheval. Comment le cheval occupe ses journées.
Le budget-temps du cheval selon ses conditions de vie, révélateur de gros dysfonctionnements...
Crédit : dossier documentaire n°8.1 de l'IFCE

Ce rythme de vie naturel est tout simplement l'opposé de celui proposé en box. Le cheval est immobilisé entre 19 (pour les plus "chanceux" qui sortent au marcheur ou [mieux] au paddock) et 23 heures par jour et lorsqu'il se met enfin en mouvement, c'est pour produire un effort bref mais intense. Tout comme pour l'alimentation, le cheval de nos jours a été sélectionné pour le sport et est plus adapté qu'avant à fournir ces efforts soutenus. Néanmoins, marcher devient alors nécessaire pour sa récupération physique ! Se déplacer, s'étirer pour éviter les courbatures ou engorgements et entretenir son souffle et sa musculature. Ses membres et ses pieds sensibles en ont également besoin, d'autant plus que nous ferrons nos chevaux, ce qui perturbe la circulation du sang dans les membres (voir l'article sur la ferrure pour mieux comprendre la santé des pieds). On a souvent peur que nos chevaux se blessent au pré mais plus personne ne s'étonne que tel athlète équin vivant au box ait souvent les membres gonflés, un peu mal au dos, quelque chose de bloqué... On le fait marcher plus longuement, on appelle l'osthéo mais on ne traite pas le problème à la racine en revoyant les conditions de vie. Quel sportif resterait allongé à longueur de journées dans son lit et ne se lèverait que pour s’entraîner ? Et ce, sans se blesser ?



Le cheval est fait pour vivre au grand air


Système biologique hyper performant pour affronter le froid et les intempéries (poil qui s'épaissit, qui forme des gouttières pour évacuer l'eau), sabots aux pieds pour affronter tous les terrains, rapidité pour échapper à ses prédateurs, capacité d'apprentissage rapide pour assurer sa survie... Malgré nos nombreuses inquiétude et son allure parfois fragile (les frêles pur sang arabes... Pourtant élevés sur de hauts plateaux enneigés pour travailler leur souffle), le cheval a été conçu pour vivre au grand air et est bien plus solide que nous le pensons. Nous oublions que cet animal très ancien a longtemps survécu sans nous et que son principal prédateur est... l'homme. Tout son être est adapté pour l'extérieur comme le prouvent encore les points cités précédemment (l'herbe à la base de son alimentation se trouve dehors et c'est en extérieur qu'il a la place pour marcher et évoluer avec ses congénères).

Le cheval est fait pour vivre en extérieur, il s'adapte aux conditions climatiques.
Si ça c'est pas du poil pour résister à -40° ! - Crédit : TheHorse.com

Encore une fois, l'anthropomorphisme n'a pas sa place dans notre relation aux chevaux. J'en avais déjà parlé au début de ce blog (là), mais sortir Pompom avec ses bandes, ses cloches, sa bavette ect contribue à le fragiliser plutôt qu'à le protéger. La plupart des chevaux en cas de pluie choisissent simplement de tourner le dos à l'averse plutôt que de rentrer. Nous avons tendance à mettre nos chevaux dans du coton et à s'étonner ensuite qu'ils ne soient pas plus solides. Pas besoin d'armure pour sortir notre cheval dehors, pas besoin de le rentrer à la moindre goutte de pluie, laissons les vivre leur vie et respirer l'air pur à pleins poumons (poumons qui sont d'ailleurs fragiles et supportent mal la poussière de l'écurie).



Le cheval est intelligent


Cela semble évident dit comme ça (quoique, pour certains...), mais au quotidien nous avons tendance à oublier ce que ça implique. Dans la nature, le cheval est toujours en quête de nourriture et d'eau, il doit apprendre à reconnaître les plantes toxiques des comestibles, il doit la jouer fine pour trouver sa place dans le troupeau, surveiller son environnement pour éviter les prédateurs, sans cesse s'adapter pour survivre... Au naturel donc, le cheval est bien occupé et a souvent l'occasion de faire fonctionner ses méninges ! Son intelligence est particulièrement liée à sa forte capacité d'apprentissage : il réagit à des stimulis et apprend la façon correcte d'y répondre et ce, durant toute sa vie. C'est sur cette capacité que ce sont basés les chercheurs ayant fait l'étude sur le port de la couverture : les chevaux ont appris qu'en faisant telle action, on leur mettait une couverture, et telle autre, on ne leur mettait pas. Une fois cela intégré, ils ont été capable chaque jour de choisir ce qui leur convenait le mieux et par là, de s'exprimer librement !

Le cheval est intelligent, est capable d'apprendre et de réfléchir.
Apprendre le moon walk, ça demande bien quelques neurones ! - Crédit: Giphy.com

Nos chevaux modernes ont beaucoup de choses à apprendre et à découvrir lors du débourrage et de leurs premières années de travail puisque tout est nouveau pour eux. Mais passé cette période, que leur proposons-nous pour faire fonctionner leur intellect, cultiver leur curiosité, et quelle occasion leur laissons-nous de nous proposer des choses ? La vie au box est particulièrement ennuyeuse : peu de choses à regarder, peu de choses à faire pour s'occuper. Mais la vie au pré ne vaut pas forcément mieux : certes elle remplie d'autres besoins du cheval mais nos carrés d'herbe plats sont très peu stimulants cognitivement. C'est dans le travail et dans nos activités quotidiennes que tout va se jouer. Avoir une discipline de prédilection, c'est bien, varier les séances et activités, c'est mieux ! Bien sûr, la répétition est un mécanisme indispensable dans l'apprentissage mais une fois une chose acquise, il faut en proposer une nouvelle et accepter qu'atteindre la perfection prend du temps car il faut régulièrement changer d'activité et d'environnement ! On sait tous qu'il n'y a rien de pire qu'un cheval blasé, et pourquoi devient-il comme ça ? Car ce qu'on lui propose ne l'intéresse plus, car on a perdu son attention en ne le stimulant pas assez, on répétant les mêmes choses et mêmes schémas. 



Le dernier mot Jean-Pierre...


En laissant de côté tous nos préjugés, nos croyances, nos habitudes et en se recentrant uniquement sur les besoins des chevaux, force est de constater que plusieurs choses ne sont pas acceptables. Le box seul ou accompagné de quelques heures de paddock en solitaire n'est pas un mode de vie adapté aux chevaux pour cause de manque de contacts sociaux et manque d'espace. Notre mode d'alimentation basé sur les concentrés et les céréales alors que le cheval est un herbivore est également à revoir pour des raisons évidentes de santé digestive et dentaire, qui ont un impact sur la forme générale et le comportement du cheval. La répétition inlassable des mêmes exercices afin d'atteindre la perfection ou des objectifs concours peut très vite nuire à la santé émotionnelle et cognitive de nos chevaux et casser leur bonne volonté.
Et malheureusement, combien de chevaux vivent encore H24 au box, nourris à coup de 8 litres de granulés par repas mais seulement une botte de foin par jour et ne sortent que pour répéter la reprise de dressage à dérouler dimanche ?

Alors biensûr, beaucoup vont se rassurer ou réprouver ces arguments en disant que le cheval domestique a évolué et n'a plus les mêmes besoins qu'un cheval sauvage. C'est à la fois vrai et faux. Comme le dit l'IFCE dans son dossier sur l'éthologie "l’animal domestique a acquis un degré de liberté et d’indépendance par rapport à l’expression des comportements de son espèce ; ce qui lui donne plus de souplesse pour s’adapter à des « conditions inhabituelles »". C'est pourquoi la méthode d'alimentation moderne ou les efforts intenses demandés aux chevaux ne sont pas totalement à condamner : le cheval a été sélectionné pour et a su s'y adapter. Mais on parle simplement de "souplesse" : accepter mieux ne veut pas dire le vivre bien. "Grâce à sa nouvelle indépendance, le cheval domestique (programmé pour vivre en petit groupe dans un large espace) peut ainsi supporter d’être confiné dans une écurie fermée mais cela parfois au prix d’un certain mal-être et de troubles du comportement." On parle bien de "supporter" qui est très péjoratif et induit un effort, et aussi d'un "prix à payer" pour ces modes de vie qui, en réalité, nous arrangent nous dans notre quotidien (gain de temps et d'espace) et font la joie des industriels (la vente de box et de granulés rapporte gros, c'est pour ça qu'on l'encourage !). N'oublions pas que de nos jours, les premières causes de mortalité chez le cheval sont sans surprises les troubles digestifs et locomoteurs...














Pour aller plus loin

  • L'organisation sociale du cheval
  • L'organisation de la vie sociale des chevaux en images, d'après l'étude d'un troupeau Przewalski
  • Pourquoi les scientifiques condamnent la vie en box
  • La capacité d'apprentissage des chevaux influencée par leur tempérament
  • La maintenance dentaire chez le cheval domestique
  • La digestion chez le cheval
  • Fait intéressant : la création d'un label en Suisse afin d'encourager les écuries à faire vivre leurs chevaux au pré

A lire aussi sur le blog

  • Les bases de l'alimentation équine
  • Vie au pré ou vie au box ? Quel mode de vie pour son cheval ?

Articles plus récents Articles plus anciens Accueil

Archives du blog

  • ▼  2021 (1)
    • ▼  septembre (1)
      • La Crinière Blonde, c'est fini.
  • ►  2020 (11)
    • ►  décembre (1)
    • ►  novembre (1)
    • ►  octobre (1)
    • ►  septembre (1)
    • ►  juin (1)
    • ►  mai (1)
    • ►  avril (1)
    • ►  mars (2)
    • ►  février (1)
    • ►  janvier (1)
  • ►  2019 (7)
    • ►  décembre (1)
    • ►  octobre (1)
    • ►  septembre (1)
    • ►  août (1)
    • ►  juillet (1)
    • ►  avril (1)
    • ►  janvier (1)
  • ►  2018 (7)
    • ►  décembre (1)
    • ►  août (1)
    • ►  juin (1)
    • ►  mai (1)
    • ►  mars (1)
    • ►  février (1)
    • ►  janvier (1)
  • ►  2017 (10)
    • ►  décembre (2)
    • ►  novembre (1)
    • ►  octobre (1)
    • ►  juillet (1)
    • ►  mai (2)
    • ►  avril (1)
    • ►  février (1)
    • ►  janvier (1)
  • ►  2016 (15)
    • ►  novembre (1)
    • ►  octobre (1)
    • ►  septembre (1)
    • ►  juillet (1)
    • ►  juin (1)
    • ►  mai (2)
    • ►  avril (2)
    • ►  mars (2)
    • ►  février (2)
    • ►  janvier (2)
  • ►  2015 (31)
    • ►  décembre (1)
    • ►  novembre (2)
    • ►  octobre (2)
    • ►  septembre (2)
    • ►  juillet (1)
    • ►  juin (3)
    • ►  mai (2)
    • ►  avril (4)
    • ►  mars (5)
    • ►  février (4)
    • ►  janvier (5)
  • ►  2014 (13)
    • ►  décembre (5)
    • ►  novembre (8)

Categories

  • Billets d'humeur
  • Culture
  • Easy Story
  • Equipement
  • Équitation
  • Hippologie
  • Réflexion
  • Santé & Soins

Mes partenaires


BLOG FERMÉ EN 2021 !


Retrouvez moi sur @Instagram



lacriniereblonde@gmail.com




- Mentions légales -

Suivez-nous sur les réseaux





Copyright © 2016 La Crinière Blonde, blog de réflexions équestres.. Created by OddThemes